Journal de bord – Partie 4

20 février 2031

Il n’y a plus personne. Il n’y a plus personne de normal dans cette ville. Cet après-midi on est arrivé au centre-ville, ou en tout cas à côté. Philippe avait repéré un bâtiment pour qu’on puisse voir ce qui se passe au centre-ville avant qu’on y aille. Je n’avais pas trop compris pourquoi on ne se dépêchait pas d’y aller plutôt que de faire encore du repérage, mais ça nous a probablement sauvé aujourd’hui.

Je pensais qu’on retrouverait tout le monde. Qu’on reverrait les parents pour leur raconter toutes nos aventures avec Gabriel, pour leur dire à quel point ils nous ont manqué. Mais ce qu’on a découvert aujourd’hui, c’est qu’on est seul.

Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais. J’espérais sûrement voir des voisins, des inconnus ou même des policiers. Mais à la place de tout ça, il n’y avait que des voitures bloquées, 2 ou 3 tentes qui semblaient éventrées, et des débris de toute sorte qui jonchaient le sol. Mais le pire, c’était les morts.

Rien que d’y repenser ça me donne la chair de poule. Je n’ai pas eu le courage de regarder plus en détail, mais le peu que j’ai vu c’était des corps un peu partout sur la place principale. Il y avait même encore ces fous qui attaques les gens ! Mais mon frère a dit que cette fois il étaient beaucoup plus nombreux.

On est retourné assez vite dans l’appartement dans lequel on c’était abrité hier. Gabriel n’a plus rien dit depuis qu’on est revenu et je crois même l’avoir entendu pleurer à un moment. Moi aussi je vais aller me reposer en attendant que Philippe nous dise ce qu’on va faire maintenant.

21 février 2031

Ce matin, on a vaguement reparlé de ce qu’il c’était passé hier. Il était évident que les gens qui devaient évacuer avec nous n’étaient plus là. Mais notre plus gros problème maintenant, c’était de quitter cette ville. Ce serait trop dangereux de rester ici avec tous les fous qui se promènent ici. En plus, Philippe a dit que vu l’état dans lequel était le centre-ville, il est très peu probable que quelqu’un revienne nous chercher. Surtout qu’ils ne savent probablement pas qu’on est là. Notre priorité est donc maintenant de quitter la ville au plus vite.

Gabriel a proposé qu’on retourne fouiller le centre-ville pour voir si on ne pourrait pas trouver des informations sur l’évacuation, ou alors du matériel qui pourrait peut-être nous servir. Mais le problème, c’est qu’on a aucune envie d’y retourner. Pas après ce qu’on a vu.

Mon frère a dit qu’il allait réfléchir dans son coin à une solution pendant que nous on surveillerait les alentours au cas où quelque chose devait arriver. J’espère qu’il trouvera une idée pour nous sortir de là. Mais je lui fais confiance, ce n’est pas mon frère pour rien !

Il est 20 heures du soir maintenant, et on vient de finir d’élaborer notre plan pour demain. Etant donné le nombre de fous qui trainent au centre-ville, on ne peut pas y retourner comme ça sans risquer de se faire attaquer. Phillipe a donc pensé à une stratégie pour qu’on puisse s’en débarrasser sans avoir à les affronter (en même temps il n’y a que mon frère qui sache vraiment se battre…).

Le principe est simple. Comme ces trucs semblent être attirés par le bruit, on va créer une diversion dans une rue plus loin pour vider le centre-ville. Il faudra donc faire un maximum de bruit pour être sûr qu’ils mordent tous à l’appât.

Deuxième étape, il faut fouiller le plus rapidement possible la zone pour pouvoir partir le plus tôt possible. Malheureusement, pour ça, il va falloir qu’on se sépare pour être le plus efficace possible. Cette idée ne nous plait pas trop mais comme on n’a pas vraiment d’autres choix on s’est dit qu’on pourrait au moins essayer. Si jamais la première étape ne devait pas fonctionner correctement, il est évident que le plan s’arrêterait là et qu’on quitterait directement la ville.

Ensuite, on se retrouve tous à la sortie du centre-ville, et on fonce le plus loin possible pour se mettre en sécurité.

Le plus gros problème qu’on a eu, c’était pour trouver comment on allait faire pour faire suffisamment de bruit pour attirer toute ces choses en même temps et suffisamment loin. Mais heureusement, Gabriel a eu une super bonne idée ! Avec toutes les voitures bloquées aux alentours du centre-ville, il suffirait qu’on en fracasse quelques-unes pour que leurs alarmes se déclenchent et fassent un boucan d’enfer. On prendrait ensuite une rue adjacente pour rejoindre le centre-ville en limitant le risque de croiser un de ces monstres.

Je dois avouer que même si c’est pour demain, je stress déjà beaucoup. Mais on a tellement bien préparé notre coup que ça ne peut que bien se passer. Je suis vraiment soulagé de ne pas m’être retrouvé seul dans cette galère. C’est déjà assez horrible à vivre à trois alors je n’ose même pas imaginer ce que ce doit être que de se retrouver seul dans un bordel pareil. Je vais quand même essayer de dormir, et éviter de penser à ce qui pourrait arriver si on se loupe demain.

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