Journal de bord – Partie 3

18 Février 2031

Enfin une pause. On vient de s’arrêter dans un petit commerce. Il semblait ouvert de loin mais il est tout aussi désert que cette ville. Ça doit faire facilement 5 heures qu’on n’arrête pas de passer d’un bâtiment à l’autre pour récupérer tout ce qui peut nous être utile comme a dit Philippe. Il nous a aussi expliqué pendant qu’on marchait ce qu’il a fait hier quand il nous avait laissé. Il en a profité pour aller plus vers le centre de la ville et essayer de trouver de l’aide. Mais selon lui, il n’aurait croisé personne… Ou en tout cas personne de normal. Si ce qu’il dit est vrai, alors les cinglés de l’autre nuit ne sont pas seuls. Philippe a dit qu’il avait essayé de parler avec un qui était isolé des autres dans une petite ruelle (moi je n’aurais jamais eu le courage de le faire). Mais il a à peine eu le temps de l’appeler qu’il a directement couru dans sa direction en poussant de grognements bizarres. Philippe dit que ce truc a essayé de l’attaquer et qu’il a dû s’enfuir ; mais il n’a pas pu partir loin car « cette chose courait anormalement vite au vu de son état » a dit Philippe. J’imagine qu’il devait être dans un état similaire aux autres qu’on a vu avec Gabriel pour qu’il dise ça. S’il n’avait pas trouvé cette planche par terre dans sa fuite je ne sais pas ce qui se serait passé. J’ai du mal à imaginer mon frère se battre… Lui qui est si drôle et gentil d’habitude. Mais je ne lui en veux pas. Ce n’est pas comme s’il avait tué quelqu’un de toute façon. Il dit qu’après s’être débarrassé de cette chose, il a visité les bâtiments alentours pour voir s’il pouvait trouver des « choses utiles ». C’est comme ça qu’il est venu nous retrouver dans notre planque Gabriel et moi. Enfin, de ce que moi j’ai compris, ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on va retrouver les parents. Philippe m’a demandé d’aller mettre des boîtes de conserve dans le sac qu’on vient de trouver. Faut dire qu’il y a plein de choses dans ce magasin, mais je me demande si tout ce fourbi va vraiment nous servir.

Gabriel ne dit rien depuis que Philippe est revenu. C’est lui qui porte le plus de choses dans son sac car il est plus fort que moi. J’imagine que lui aussi il est un peu perdu avec ce qui se passe. On a repéré un endroit qui semble correct pour y passer la nuit. Ça nous prend beaucoup de temps de nous déplacer dans la rue avec ces choses qui sortent parfois de nul part. Si certaines font du bruit, d’autres se font à peine remarquer. On doit donc faire super attention et rester attentif. Je pense que c’est ça qui nous fatigue le plus. Vivement qu’on s’arrête pour aujourd’hui.

19 heures. On vient de finir de manger dans cet… appartement on va dire. C’est au deuxième étage mais vu l’état dans lequel il est, le propriétaire ne devait pas être vraiment propre. On a été obligé de manger nos conserves froides parce qu’il n’y a pas d’électricité ici. Ouais autant dire qu’on n’a pas beaucoup manger. Faudra qu’on prévoie un feu pour le repas de demain sinon ça n’ira pas. Philippe a bloqué l’unique porte de l’appart avec le frigo. Le pire c’est qu’on a eu la malchance de l’ouvrir. Mais comme on ne savait pas encore qu’il n’y avait plus de courant, on ne pouvait pas deviner que le contenu de frigo avait tourné. On n’a pas pu s’empêcher de rire avec Philippe devant la tête dégoutée de Gabriel. Je crois qu’il n’était pas loin de vomir ! On a un peu ouvert les fenêtres pour que ce soit respirable. Philippe dit qu’on peut dormir tranquillement cette nuit car il restera éveillé autant qu’il le peut pour surveiller la rue depuis la fenêtre. Je dois avouer que je ne suis pas vraiment rassuré car j’ai peur que Philippe disparaisse de nouveau. Mais je lui fais confiance et je sais qu’il ne m’abandonnera jamais.

19 Février 2031

J’ai mal dormi… Gabriel aussi est fatigué, mais Philippe semble plutôt déterminé ce matin. Il nous a réveillé Gabriel et moi vers 8h du matin. Il dit que le mieux à faire c’est d’aller au centre-ville. Avec le retard qu’on a pris, s’il reste encore des gens à évacuer, c’est logiquement au centre-ville qu’ils sont. Enfin c’est ce qu’on espère. On a profité de notre réveille matinale pour faire l’inventaire de ce qu’on avait récupéré hier en chemin :

  • 3 sacs à dos.
  • 2 lampes de poche.
  • 14 boîtes de conserve.
  • 3 sacs de couchage.
  • 6 bouteilles d’eau.
  • 2 boîtes de biscuits.

Philippe a abandonné sa planche et transporte maintenant un bâton plus solide qu’on a trouvé en même temps que les sacs. J’ai un peu l’impression qu’on va passer pour des voleurs quand on retrouvera les autres, mais Philippe dit qu’il leur expliquera tout. Vers 10 heures on se remettra en route pour le centre-ville. Je me demande si on va croiser des gens dans la même situation que nous.

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